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16 novembre 2015

Paris, je t’aime

Ceux qui me connaissent bien le savent, je suis viscéralement attachée à Paris. J’aime cette ville plus que tout. C’est moi qui pleurais devant le camion des déménageurs en pleine rue parce que non, je ne voulais pas la quitter.

Aujourd’hui, je pleure parce que l’on prive de liberté les miens et ma ville.

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Je suis oppressée. Je dors très mal. Je me réveille avec une chappe de plomb au-dessus de la tête, que je traîne toute la journée. Des images tournent en boucle dans ma tête. J’étais au Bataclan jeudi 12 novembre pour le magnifique concert de St Germain. Je revois les musiciens, le public, toutes les personnes qui se sont occupés de nous, qui nous ont donné notre beau pass collector, que j’étais si fière de porter et que je regarde aujourd’hui vite vite… avec une sombre nausée. Je me sens tellement égoïste de rapporter tout cela à moi. Nous allons bien, mes proches, mes amis aussi.

Je pense à ce frère qui cherchait sa soeur Lola sur les réseaux sociaux, en vain… Ma sœur pourrait être à sa place. Ça aurait pu être moi, mon amoureux. Ça aurait pu être nous. J’ai du mal à m’apaiser. On me dit qu’il ne faut pas avoir peur. Mais, comment ?

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J’ai vécu 10 ans dans la capitale et ces derniers mois à deux pas. Je suis très souvent à Paris. J’y ai vu un nombre incalculable de concerts et de pièces de théâtre. Ce sont mes bulles d’oxygène et mes sources d’inspiration.

Je m’interroge… Vais-je encore pouvoir entendre mon cœur imploser au rythme de la musique, ne plus faire qu’un avec elle ? Est-ce que j’aurai encore les yeux mouillés d’émotions en écoutant la voix des chanteurs qui me font vibrer ?

Et tous ces souvenirs au Bataclan avec The Swell Season ou Julia Stone (où j’étais enceinte)… Et tous les dimanches où je passais à côté du Bataclan apaisée par mon cours de yoga. Des souvenirs abandonnés, pulvérisés…

Je veux encore pouvoir me promener dans Paris avec mon amoureux. Je veux encore assister à des concerts, des pièces de théâtre, des événements, manger au restaurant, voir mes amis jusqu’à point d’heure, sans craindre de ne pas rentrer chez moi.

Je veux être libre encore et encore. Je veux voir mes enfants rigoler et courir. Je veux, je veux !

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Mais, voilà les choses sont différentes maintenant. Quelque chose est brisée…

Il a fallu le faire…

Devoir raconter à mes deux petits bouts en ayant le souffle coupé et la nausée … parce qu’ils vont entendre des choses et que je ne veux pas qu’ils soient mis au courant par d’autres et n’importe comment. Parce que chez nous, nous prônons la liberté, le pacifisme, l’amour, la fin des idées reçues.

Je voudrais pouvoir fermer les yeux ce soir et enlever ce goût acide de ma bouche…

À Amria qui va me regarder cette semaine avec les yeux tristes et à qui je vais juste répondre du regard (non, ne t’inquiète pas, je ne fais pas d’amalgame).

À toutes les personnes qui sont touchées par ce drame sans nom et à ceux qui les épaulent.

À la vie, à mes proches, à l’amour, à la musique, à Paris.

Merci du fond du cœur à ma famille, à mes amis et à mes lecteurs pour tous vos messages.

Je vous aime.

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Commentaires

4 commentaires pour cet article
  1. Céline dit :

    Je suis arrivée sur ton blog au fil de mes recherches diverses et variées sur le blog, l’entreprenariat, ma vie de freelance… et c’est avec beaucoup d’émotion que j’y ai découvert ton texte. Il n’est pas toujours simple de partager ce que l’on ressent. Alors je voulais juste te remercier de l’avoir fait.
    J’habite également à 2 pas de Paris, j’ai la chance de ne pas avoir eu de proches touchés par cette horreur et je sais également quelle est la difficulté d’en parler à nos têtes blondes…
    Je pense que la vie est plus forte que tout. Au final, elle reprend toujours le dessus (et heureusement)

  2. Clara dit :

    Bonjour Céline,
    Merci beaucoup pour ton message. C’est vraiment très gentil de ta part. Je suis émue de lire tes mots…
    Et comme tu le dis, la vie reprend. N’hésite pas à me contacter par mail à contact@monelephantapois.com si tu as des questions sur l’entrepreneuriat et la vie de freelance. Je te répondrai avec plaisir.
    A bientôt.

  3. elodie dit :

    Merci pour tes mots touchants.
    J’ai beaucoup pensé à toi quand j’ai appris ces actes de barbarie, et j’ai espéré que tu ne sois pas à un concert ce jour là. Lorsque l’on connais les lieux la dimension affective prend un ton plus important et c’est normal, il ne faut pas oublier toutes les populations dans le monde qui souffrent d’attentats au quotidien.
    Comme tu le sais je suis actuellement en Indonésie ou l’élan de soutien à Paris est énorme. Toutes les personnes que je rencontre ont un mot de soutien pour moi, pour Paris. Une carte de soutien est affichée sur le monument aux victimes de l’attentat de Bali en 2002, et chacun y note un mot..l’élan de soutien est mondial et cela fait chaud au coeur!

  4. Clara dit :

    Mon Elodie,

    Merci beaucoup pour ton message et tous tes mails durant cette période où tu étais loin. Tes mots sont d’un réel soutien. Tu as tellement bien compris les choses.
    Quant aux Balinais, ils sont si adorables, attachants et humains, ton récit ne m’a pas étonné. Mon coeur est toujours un peu à Bali depuis mon voyage il y a 5 ans.
    Je t’embrasse bien fort.

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